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Les hommes

L’Extraction

On a commencé à extraire le falun très tôt, au VIe siècle, pour en faire des sarcophages. Mais ce n'est qu'au milieu du XVIIIe siècle que l'on a débuté son extraction aux Perrières.

En effet, suite au développement de la culture de rosiers à Doué par le Baron Foullon, de nombreuses familles sont venues y travailler et s'y installer. La nécessité de construire des logements et des bâtiments agricoles a poussé les douessins à trouver de la pierre de construction. 

Un problème s'est alors posé : comment extraire cette roche sans abîmer les champs en surface, la région étant une plaine, la pierre n’est pas accessible comme le tuffeau à flanc de coteaux. La solution a donc été l'extraction verticale.

Disposant d’outils agricoles peu adaptés, ils ont extrait le falun avec une technique unique. Cette méthode d'extraction se décompose en plusieurs phases : 

Réalisation d'une tranchée : les agriculteurs creusaient une tranchée d’environ 1m de large sur plusieurs de long dans la terre arable, jusqu’à arriver sur le falun.

Extraction de la pierre : pour assurer la stabilité en surface, ils creusaient une salle en forme d'ogive, à l'aide d'un dérivé de la pioche : un pic. On peut observer des traces d'extraction obliques car les agri-carriers descendaient par paliers suivant les veines du falun. Ils  sortaient les blocs de la masse rocheuse, puis les taillaient aux bonnes dimensions dans la cave, prêts à être vendus. On estime la quantité de déchet de taille à 40% du volume de la salle, ces déchets étaient poussés au fur et à mesure dans les salles adjacentes. Les quartiers étaient ensuite remontés avec un treuil posé à cheval sur la tranchée.

 Fin du chantier : ils exploitaient la cave jusqu'à la nappe phréatique (environ 20 mètres). Les hommes laissaient volontairement des morceaux de roche inexploités pour poser leurs échelles afin de remonter en surface. La salle était refermée avec les derniers blocs extraits, formant une clé de voûte assurant ainsi la stabilité de l'ensemble. Enfin ils remettaient les 60 cm de terre arable puis recultivaient leurs champs.

En 1930, l'arrivée du béton a mis fin à l’extraction du falun. (Schéma extraction)

Les Réutilisations

Dès le début des années 1960, une partie des caves (4,5 hectares soit environ 500 salles) a été réutilisée pour la culture des champignons. En effet, l’obscurité, l’humidité et la température constante des caves semblaient convenir à cette culture mais il était difficile de maintenir une température constante et suffisamment élevée. Les champignonnistes ont donc décidé de chauffer les salles à l'aide de chaudières à bois. Le volume trop important des caves les ont obligés à tendre des bâches de nylon créant ainsi un faux plafond à une hauteur d'environ 3 mètres.

Les champignonnistes ont rencontré un autre problème : de la condensation se formait sous les bâches. Cette dernière en tombant sur les champignons les tachait, les rendant invendables. 

La culture du champignon aux Perrières s’est arrêtée en 1981 et les caves de tuffeau ont été préférées car leur température naturelle était plus élevée, adaptée et surtout constante.

 

L’histoire de ces caves croisa aussi celle de France. En effet, pendant les guerres de Vendée (après la Révolution française), les Saumurois avaient fait des caves leur cachette favorite:  bien cachés, ils pouvaient surprendre l'ennemi en cas d'attaque. Ils ont emprisonné un grand nombre de vendéens notamment dans les caves des Arènes (près d’un millier d’hommes nous disent les archives départementales).

Enfin, durant la 2nde guerre mondiale, la poche de résistance douessine a utilisé une partie des caves pour s’y cacher et y entreposer des armes et des munitions. L'autre partie trouvée par les allemands leur a servi de prison et de dépôt de munition également (encore une fois surtout dans les caves des Arènes).

 

 

 

Aux Perrières, dès le 18ème siècle, certaines caves ont été réutilisées comme habitations, elles avaient les qualités thermiques et acoustiques d'une maison en grison (appellation locale du falun). Il suffisait juste de détruire la voûte de certaines caves afin de créer une carrie (contraction de cour et carrière), puis on perçait des ouvertures sur la façade tournée vers le sud pour laisser entrer la lumière. 

 

Dans ces troglodytes, la température naturelle ne dépassant pas 12°C, les habitants chauffaient les pièces avec une cheminée, autour de laquelle s'articulait la vie du foyer. On peut voir des cheminées dépasser de certains champs ou jardins en vous promenant sur la Rue des Perrières.  

 

L’étanchéité du toit est assurée par des iris, genêts, lilas, millepertuis plantés tout du long de la voûte. 

 

Aux Perrières, trois familles vécurent jusqu’en 1976. Ensuite, les lieux ont été réaménagés en centre d'hébergement d'une capacité de 58 couchages et dotés d'une salle de réception pouvant accueillir 80 personnes.


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